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| Notice d'information
du Tribunal de Commerce sur la procédure de liquidation judiciaire | |
Le Tribunal qui prononce un jugement d’ouverture
de la procédure collective de liquidation judiciaire
constate que les conditions d’ouverture de la procédure
sont réunies. A savoir que le débiteur est un
commerçant (personne physique ou morale), un artisan
ou une personne morale de droit privé, et qu’il
est en état de cessation de ses paiements. C’est
à dire qu’il est incapable de faire face à
son passif exigible (ses dettes échues) avec son actif
disponible (disponibilités). Le Tribunal constate que
l’activité a cessé ou que le redressement
de l’entreprise est impossible.
Si la liquidation judiciaire est prononcée pendant
la période d’observation, le Tribunal constate
que l’entreprise ne peut pas présenter un plan
de redressement.
La liquidation judiciaire emporte immédiatement la
dissolution de l’entreprise. La personnalité
morale n’existe que pour les besoins de la liquidation
jusqu’à la publication des comptes de la clôture
des opérations de la liquidation.
Objectifs :
Le Tribunal qui prononce la liquidation
judiciaire n’a pas pour objectif la sauvegarde de l’entreprise
mais la réalisation des actifs et la répartition
du produit entre les créanciers. Il désigne
les organes de la procédure. Ce qui induit toute une
organisation et de multiples intervenants qui ont chacun leurs
fonctions et leurs attributions à travers des rôles
bien distincts. Sont désignés, le juge-commissaire
et un mandataire de justice et le représentant des
créanciers qui assume également les fonctions
de liquidateur qui respectivement représente l’intérêt
collectif des créanciers et s’occupent de répartir
le produits des actifs entre les créanciers.
Conséquences :
A compter du jugement qui prononce la liquidation judiciaire
:
-
l’entreprise doit cesser immédiatement
toute activité. Sauf autorisation exceptionnelle
du tribunal pour une durée maximale de 2 mois, éventuellement
prolongée par le parquet jusqu'à quatre mois,
mais uniquement quand l'intérêt public ou celui
des créanciers l'exige pour préserver les
stocks ou le fonds de commerce. Si la liquidation intervient
pendant la période d’observation, l’administrateur
est maintenu dans ses fonctions jusqu’à l’issue
du maintien provisoire de l’activité.
-
Le débiteur est dessaisi du droit
d'administrer ou de vendre ses biens tant que la liquidation
judiciaire n'est pas clôturée par un jugement
du tribunal. Seul le mandataire liquidateur (voir ci-dessous)
peut le faire.
-
Toutes les créances que les créanciers
détiennent sur l’entreprise, deviennent immédiatement
exigibles, même si elles n'étaient pas encore
arrivées à leur échéance.
-
Les biens de l’entreprise sont
destinés à être vendus afin de rembourser,
dans la mesure du possible, tout ou partie des créanciers.
On peut classer les intervenants à
la procédure en trois catégories : les autorités
judiciaires, l’auxiliaire de justice professionnel et
les auxiliaires de justice non-professionnels.
Les
autorités judiciaires 
Le tribunal de commerce :
La procédure de redressement est judiciaire,
elle est sous le contrôle du Tribunal de commerce. Il
assure la direction générale de la procédure
en exerçant :
-
son pouvoir
juridictionnel, en rendant des décisions de justice,
Toutes les décisions importantes du redressement
judiciaires sont prises par le Tribunal.
Le cas échéant, il peut se substituer au juge
commissaire en cas de carence ou lors d’un défaut
de diligence.
-
un contrôle
de tous les organes de la procédure,
Il désigne, change, modifie la mission ou met fin
aux fonctions des différents organes de la procédure
(hormis le Procureur de la République)
Le Tribunal a une compétence générale
sur tous les litiges nés de la liquidation judiciaire.
Pour conserver une unicité de la procédure,
le Tribunal de commerce peut même être amené
à connaître de litiges qui en temps normal
ne relèvent pas de sa compétence. Dans la
limite toutefois que la compétence d’une autre
juridiction ne soit d’attribution exclusive et ne
constitue pas une mesure d’ordre public à laquelle
on ne peut déroger.
Comme on peut le voir par exemples en matière de
créances salariales (Conseil des Prud’hommes)
ou de créances alimentaires en cas de divorce(Tribunal
de grande instance)
Le juge commissaire :
La loi le charge de veiller au déroulement rapide
de la procédure collective et à la protection
des intérêts en présence : ceux des salariés,
des créanciers de la procédure, mais aussi du
débiteur.
-
C’est
un auxiliaire du Tribunal
Le juge commissaire est membre du Tribunal,
il doit y avoir exercer au moins depuis deux ans en qualité
de juge. C’est donc un auxiliaire privilégié
du Tribunal. Il peut demander au Tribunal de se saisir d’office
pour modifier les organes de la procédure ou les
renforcer.
Il fait des rapports au Tribunal, avant
qu’il ne prenne une décision. Ces rapports
peuvent être présentés sous la forme
orale ou écrite.
-
Il a un
pouvoir d’administration
Il est détenteur d’un pouvoir juridictionnel.
Il statue par voie d’ordonnance. Il autorise les opérations
de la procédure liées notamment à la
réalisation des actifs. Il veille à ce que
le débiteur soit entendu ou appelé aux audiences
pour statuer sur la cession des actifs (vente du fonds de
commerce, vente des biens immobiliers ou mobiliers…)
et ce quel qu’en soit la modalité (vente de
gré à gré, vente sous plis cacheté,
vente aux enchères publiques…).
En cas de désaccord, il fait convoquer par le greffier
à son audience, le débiteur, en présence
de son mandataire liquidateur, avant d'autoriser éventuellement
la vente.
Il désigne directement les contrôleurs de la
procédure parmi les créanciers qui lui en
font la demande.
Il statue sur l’admission des créances et les
revendications des créanciers.
-
Il dispose
d’un pouvoir général d’information
Les organes de la procédure, notamment le mandataire
de justice, doit lui faire rapport du déroulement
de la procédure. Il peut requérir sans qu’il
ne lui soit opposé le secret professionnel, toutes
les informations de la part des partenaires sociaux économiques
et financiers de l’entreprise.
Le juge commissaire est à l’écoute du
débiteur. A tout moment du déroulement de
la procédure de redressement de l’entreprise,
si le(s) dirigeants rencontrent des problèmes qui
rentrent dans le cadre très large des missions qui
incombe au juge commissaire, et qu'ils ne sont pas résolus
par l'un des deux auxiliaires de justice, il(s) peut(vent)
saisir leur juge commissaire par lettre simple adressée
à son intention au tribunal de commerce de Paris,1, Quai de la la Corse 75198 Paris cedex 04.
Le ministère public
:
C’est un magistrat désigné substitut
du Procureur général de la République.
Il veille près le Tribunal à la protection de
l’ordre public économique, que les relations
économiques se déroulent dans le strict respect
du cadre juridique impartit à la matière. Il
est également le garant de la bonne application de
la loi.
Pour assurer ses fonctions il est convoqué aux audiences
du Tribunal. Il peut y faire des réquisitions. Ce sont
ses observations, elles peuvent prendre la forme orale ou
écrite.
Il dispose d’un pouvoir de direction de la liquidation
judiciaire, il peut demander au Tribunal de se saisir
aux fins de proroger la période d’observation
ou de prononcer la cessation de l’activité du
débiteur.
Il dispose d’un pouvoir général
d’information. Il est destinataire de l’ensemble
des décisions. Il peut requérir la communication
de tout acte ou document liés à la procédure.
Il bénéficie comme le juge commissaire d’une
information régulière du déroulement
de la procédure.
La loi lui ouvre de nombreuses voies de recours sur les décisions
du Tribunal ou celles du juge commissaire.
Le greffier
C’est un officier public et ministériel
Il enrôle les actes de saisine du Tribunal. Il délivre
les convocations des parties, des auxiliaires de justice et
tous les intervenants à la procédure à
comparaître aux audiences.
Il assiste le tribunal à l’audience, il en assure
le secrétariat.
Il authentifie les décisions du Tribunal et en assure
l’archivage. Ce qui lui permet d’en délivrer
des copies.
Il assure d’office la publicité des décisions
de la procédure collective au registre du commerce
et des sociétés ou le registre des métiers
ainsi que dans les journaux d’annonces judiciaires et
au Bodacc .
Avant l’audience,
Le greffier d’audience est à l’écoute
et à la disposition des personnes qui sont invitées
à comparaître à l’audience. Il peut
vous éclairer sur le déroulement de l’audience.
Rapprochez vous de lui, il est présent dans la salle
d’audience avant que l’audience de chambre ne
débute. Votre présence sera prise en compte.
Lors de l’appel de votre affaire, vous pourrez faire
valoir vos prétentions.
Les
auxiliaires professionnels 
Le représentant des créanciers :
C’est un professionnel spécialisé
dans les procédures collectives. Il exerce une profession
réglementée, et figure sur une liste professionnelle
à compétence régionale.
-
il a pour
mission de défendre les intérêts collectifs
des créanciers.
A ce titre le débiteur doit lui remettre dans les
huit jours de l’ouverture de la procédure de
redressement la liste complète et certifiée
des créanciers (leurs noms, et adresses) et le montant
des dettes. Dans le cas contraire, c’est une faute
de gestion qui expose le débiteur à une sanction
d'interdiction de gérer.
Il peut intenter une action judiciaire au nom des tous les
créanciers et non pas au nom d’un créancier
à titre individuel.
-
il organise
la vérification des créances pour arrêter
le passif définitif de l’entreprise.
Tous les créanciers (sauf disposition particulière)
ont un droit général de déclaration
de leurs créances auprès du représentant
des créanciers, sous peine de perdre leur droit.
Ce dernier procède à la vérification
des créances avec le concours du débiteur,
il sera éventuellement assisté du représentant
des salariés, d'un ou de plusieurs contrôleurs,
désigné(s) par ordonnance du juge-commissaire,
parmi les créanciers qui lui en ont fait la demande.
Puis il soumet ces déclarations à l’appréciation
du juge commissaire avec ses propositions d’admission
ou de rejet des créances déclarées.
Si le débiteur n’est pas d'accord
avec la déclaration d'un de ses créanciers, qu’il
conteste sa créance en tout ou partie, que ce désaccord
persiste après que le représentant des créanciers
lui ait fait part de cette contestation, le débiteur
sera convoqué par le greffe à l'audience de son
juge-commissaire qui le recevra en présence du créancier
et du représentant des créanciers. La contestation
sera tranchée par le juge commissaire qui statuera par
voie d'ordonnance. L’appel devant la Cour d'appel est
la voie de recours ouverte à l’encontre de cette
décision.
Prenez rapidement contact avec votre
représentant des créanciers pour éviter
tout retard dans la vérification des créances.
Dans tous les cas, votre intérêt est de participer
activement à la procédure de liquidation de
votre entreprise : rien ne peut remplacer la connaissance
que vous avez de votre patrimoine, des droits réels
de vos créanciers, de vos produits, de vos marchés,
pour tenter, dans les meilleures conditions économiques
et de transparence, de réaliser vos actifs et d'évaluer
correctement votre passif.
-
il est chargé
de la réalisation des actifs
Il doit vendre les biens de l’entreprise, ceux qui
composent le patrimoine.
Ces ventes, dont la mise à prix, les conditions essentielles
et les modalités de publicité sont fixées
par le juge-commissaire, se font :
- aux enchères publiques, à la barre
d'un tribunal de grande instance,
- ou par adjudication amiable par la Chambre des Notaires,
- ou de gré à gré. Il ne le fera,
pour les immeubles, que si la consistance des biens,
leur emplacement ou les offres reçues sont de
nature à permettre une cession amiable dans de
meilleures conditions.
L’offre de reprise doit être
présentée par un tiers, c’est pourquoi,
ni le débiteur ni aucun de ses parents, grands-parents,
enfants, petits-enfants, frères, soeurs et leurs
alliés ne peuvent faire une offre de reprise directement
ou indirectement, sous peine d’encourir des peines
d'emprisonnement et d'amende, la nullité de l'acquisition,
et d’avoir à payer des dommages-intérêts.
- il répartit le produit
des ventes entre les créanciers en respectant l'ordre
de paiement défini par la loi.
-
Il établit un rapport pour
apprécier si le débiteur a commis des
fautes de gestion dans l’administration de l’entreprise
permettant de demander au tribunal de prononcer une
éventuelle sanction, savoir :une faillite personnelle,
une interdiction de gérer, une condamnation à
combler tout ou partie du passif, mise en redressement
judiciaire à titre personnel.
Il requiert les avis du juge commissaire et du Procureur
de la République.
Il partage cette prérogative de saisine du Tribunal
avec le Procureur de la république.
Si les avis émis sont favorables à une
mesure de sanction, le greffier convoque à l’audience
du Tribunal le débiteur en présence du
représentant des créanciers.
Dans le meilleur des cas, la clôture
de votre liquidation se fera par extinction du passif,
s'il n'y a plus de passif exigible ou si votre liquidateur dispose
de sommes suffisantes pour désintéresser les créanciers.
Sinon elle se fera par insuffisance
d'actif. En principe les créanciers de la procédure
ne pourront plus engager de poursuites individuelles à
l’égard de l’entreprise ou ses dirigeants
sauf exceptions telles que fraude fiscale, dissimulation d'actif,
sanction personnelle ou pénale prononcée à
leur égard, ou si les cautions ont réglé
des créances aux lieu et place de l’entreprise.
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